À l’issue de leur réunion en Alaska, les évêques exhortent à « l’écoute dans la prière » sur les questions raciales, environnementales et de pauvreté

Bishops with sign in Fairbanks

Les évêques de l’Église épiscopale réunis au centre ville de Fairbanks en Alaska, le 23 septembre, dans le cadre d’une journée d’« écoute dans la prière » des récits des autochtones d’Alaska et de bénédiction des terres. À Fairbanks, ils ont déployé cette bannière du haut d’un pont piétonnier en témoignage de leur soutien à la Réserve faunique nationale de l’Arctique. Photo : Neva Rae Fox/Bureau des Relations publiques de l’Église épiscopale

[Episcopal News Service – Fairbanks (État d’Alaska)] La Chambre des Évêques de l’Église épiscopale a approuvé le 26 septembre une « lettre à l’Église » se référant à l’expérience des évêques en Alaska à l’écoute des récits des peuples autochtones d’Alaska et ils ont appelé les épiscopaliens à se joindre à eux pour œuvrer en faveur de la justice environnementale et raciale.

La lettre constitue la clef de voûte de la réunion des évêques qui s’est tenue durant six jours à Fairbanks mais comprenait aussi pour le week-end un voyage bien au-delà de cette petite ville. Dans les vastes espaces intérieurs de l’Alaska, des groupes d’évêques ont rencontré des communautés autochtones qui luttent pour préserver le mode de vie qui leur permet de subsister depuis des milliers d’années.

Nombreuses sont les menaces à l’encontre de ce mode de vie mais les résidents autochtones ont expressément fait part aux évêques de leurs inquiétudes concernant le changement climatique et l’impact de l’industrie extractive.

« Les évêques de l’Église épiscopale sont venus en Alaska pour être à l’écoute de la Terre et de ses peuples dans un acte de prière, de solidarité et de témoignage », tel est le message des évêques qui se poursuit en faisant allusion à l’épitre aux Éphésiens 2:19: « Les résidents de l’intérieur de l’Alaska que nous avons rencontrés ne sont pas des étrangers, ils sont des membres de la famille de Dieu ».

Les évêques ont approuvé la lettre à l’unanimité, par un vote par acclamation, après avoir apporté plusieurs modifications à la formulation de plusieurs passages de la première ébauche.

Le texte complet en anglais et en espagnol se trouve ici.

Le message comporte un appel aux épiscopaliens de tous les diocèses et congrégations à se joindre aux évêques pour « l’écoute dans la prière » dans leur propre communauté, concernant les connexions entre racisme, disparité économique et justice environnementale.

« Dieu nous appelle à être à l’écoute les uns des autres avec une attention accrue. C’est seulement avec les oreilles et les yeux ouverts que notre cœur et notre vie seront changés », déclarent les évêques dans la lettre. « C’est grâce à l’amour réconciliateur de Dieu en Jésus et à la puissance de l’Esprit Saint que nous et la Terre même serons guéris ».

Bishops vote on letter

Le 26 septembre à Fairbanks (État d’Alaska), les évêques de l’Église épiscopale discutent des modifications à apporter à la version préliminaire de la « lettre à l’Église » sur le racisme, la justice environnementale et la pauvreté, avant de voter son approbation. Photo : David Paulsen/Episcopal News Service

La réunion de la Chambre des évêques a débuté le 21 septembre à l’hôtel et centre de conférences Westmark Fairbanks par un mot de bienvenue des aînés autochtones Will Mayo et Steve Ginnis. Mayo est l’ancien président de la Conférence des Chefs Tanana. Ginnis est le directeur exécutif de Fairbanks Native Association.

Le 22 septembre, les séances ont été axées sur la culture autochtone, avec notamment une conversation avec Poldine Carlo, fondatrice de Fairbanks Native Association. Les militants Gwich’in ont parlé de leurs initiatives visant à une prise de conscience des effets du changement climatique sur la vie des villages autochtones. Ils ont également demandé notre appui constant pour la protection de la  Réserve faunique nationale de l’Arctique face aux forages pétroliers. La réserve est un site important de reproduction des caribous et elle est considérée comme sacrée par les autochtones d’Alaska qui chassent le caribou lorsque les troupeaux migrent vers le sud.

Les évêques ont passé la troisième journée de leur réunion en quête de récits des habitants des villages dans toute la région peu peuplée au nord de Fairbanks. Les évêques et leurs conjoints se sont répartis en huit groupes pour se rendre dans de petits avions charter à Alakaket, Arctic Village, Beaver, Eagle, Fort Yukon, Huslia, Tanana et Venetie : http://episcopaldigitalnetwork.com/ens/2017/09/25/alaska-native-villages-struggling-to-preserve-way-of-life-offer-warm-welcome-to-episcopal-bishops/ Un neuvième groupe s’est rendu en voiture dans une ancienne mine d’or et d’autres évêques sont restés à Fairbanks pour une procession le long du fleuve Chena.

« Que signifie être à l’écoute de la Terre et de ses habitants ? » demandent les évêques dans leur « lettre à l’Église ». « Pour nous évêques, cela voulait dire sortir et fouler la terre, longer les fleuves, nous asseoir aux côtés de gens dont la subsistance dépend de cette terre. Il nous a fallu ralentir et aller au rythme des récits que nous avons entendus. Il nous a fallu être confiants que l’écoute est une prière ».

Ce qu’ils ont entendu ce sont les récits d’étés plus longs et d’hivers plus courts, de la fonte du permafrost qui affecte les rivières où ils pêchent, de la difficulté d’obtenir des aliments en complément de ce qu’ils récoltent dans la nature et de leur préoccupation pour l’avenir des sites de reproduction des caribous.

Blessing river in Venetie

Le 23 septembre un groupe d’évêques s’est joint aux habitants de Venetie (État d’Alaska) pour bénir le fleuve qui passe à côté du village. Photo : David Paulsen/Episcopal News Service

Chacun des voyages du 23 septembre a culminé à 14 h en une bénédiction par les évêques de la terre, de l’eau et des habitants. Et le lendemain, les 120 évêques et environ 80 conjoints se sont rassemblés à Nenana avec des membres de la communauté autochtone locale et de la congrégation épiscopale pour un dîner de fête potlatch, avec chants, danses et cadeaux pour les évêques.

L’Église épiscopale était autrefois la seule confession chrétienne présente dans les régions intérieures d’Alaska et la plupart des gens que les évêques ont rencontré là-bas au cours de leur voyage sont des épiscopaliens. L’église est également active depuis des années sur les questions de justice pour les autochtones et de justice environnementale, ainsi que de lutte pour protéger la Réserve faunique nationale de l’Arctique.

L’Évêque Primat Michael Curry a parlé de l’histoire du militantisme de l’Église épiscopale et des liens historiques de l’église avec les communautés autochtones d’Alaska dans une vidéo résumant la réunion de la Chambre des Évêques, le 26 septembre.

« Nous avons rencontré ici des gens qui sont des épiscopaliens, qui sont de fervents croyants, pour qui ces terres sont sacrées et nos résolutions, notre soutien et notre travail à Washington visant à protéger cette terre pour qu’elle ne soit pas violée par les forages pétroliers sont une responsabilité sacrée », a expliqué Michael Curry.

Clôture de la réunion d’automne des évêques.

Le 26 septembre, les évêques ont également approuvé à l’unanimité une résolution de soutien aux diocèses de la Côte du Golfe et des Îles Caraïbes qui ont été durement frappés par les ouragans Harvey, Irma et Maria ainsi qu’à ceux qui ont été affectés par les feux de forêt de l’Ouest.

« Nous vous accompagnons dans votre chagrin et tenons à être à vos côtés pour reconstruire vos communautés », ont déclaré les évêques. « Notre Chambre des Évêques est tristement diminuée par l’absence des évêques qui n’ont pu assister à cette réunion à cause de ces tempêtes ».

Sont également mentionnés dans cette résolution les facteurs environnementaux qui sont à l’origine d’une telle dévastation et « la relation entre les modèles de consommation humaine et le changement climatique mondial ».

« Nous reconnaissons que nous avons tous un rôle à jouer dans la réduction de l’impact de nos actions qui conduisent à la destruction des îles et des zones côtières du fait de tempêtes plus fréquentes et plus violentes », poursuivent les évêques. « Nous nous engageons à prendre les mesures qui s’imposent dans nos diocèses pour nous former, nous et notre communauté, aux questions de changement climatique et pour défendre des politiques et des mesures à même de réduire les impacts environnementaux nocifs qui ont contribué aux récentes tempêtes ».

Les évêques ont en outre eu une mise à jour détaillée sur les pourparlers entre l’Église épiscopale et l’Église méthodiste unie visant à établir une pleine communion.

L’évêque Frank Brookhart du Diocèse épiscopal du Montana a expliqué qu’il était prévu que les méthodistes votent en 2020, puis la Convention générale de l’Église épiscopale en 2021. En attendant, il a encouragé les évêques et les congrégations de l’Église épiscopale à commencer à nouer des relations avec leurs homologues méthodistes.

– David Paulsen est rédacteur et journaliste de l’Episcopal News Service. On peut le joindre à l’adresse  dpaulsen@episcopalchurch.org.

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