À la clôture d’EYE17, « ceux qui font œuvre de paix » tracent leur chemin de retour

Monument commémoratif et musée d’Oklahoma City laissent une impression inoubliable 

Plus de 1 300 adolescents rassemblés au soleil couchant au monument commémoratif national d’Oklahoma City le 12 juillet pour une cérémonie aux chandelles. Photo : Lynette Wilson/Episcopal News Service

[Episcopal News Service – Edmond (Oklahoma)] Alors que le soleil commençait à se coucher le 12 juillet à Oklahoma City, les jeunes de l’Église épiscopale se sont rassemblés par diocèse pour une procession depuis la Cathédrale St. Paul à quelque centaines de mètres au sud  du Monument commémoratif national d’Oklahoma City sur North Robinson Avenue pour une cérémonie aux chandelles.

La cérémonie faisait  suite à une visite ce même jour du musée commémoratif qui retrace la chronologie depuis les trente minutes avant l’attentat à la bombe du 19 avril 1995 qui a tué 168 personnes et blessé 680 autres, jusqu’à l’exécution de Timothy McVeigh.

« La manière dont c’est présenté, vous avancez dans le temps et c’est quelque chose de stupéfiant », déclare Kiera Campbell, âgée de 16 ans, du Diocèse d’Olympia, membre du comité de planification d’EYE17 (Episcopal Youth Event 2017 – Événement pour la Jeunesse épiscopale 2017). « Il est étonnant de voir comment une ville entière s’est mobilisée et a été capable de trouver la paix en son sein ».

Mille trois cents jeunes de 109 diocèses de l’Église épiscopale ont participé au 13e  EYE qui s’est tenu du 10 au 14 juillet à l’University of Central Oklahoma d’Edmond, à une vingtaine de minutes en voiture d’Oklahoma City. Les Béatitudes et tout particulièrement Matthieu 5:9 – « Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu » – ont inspiré le thème d’EYE17 intitulé « Voie vers la paix ». (Certains jeunes de la Province IX, des diocèses d’Amérique latine et des Caraïbes étaient absents car ils se sont vu refuser leur visa d’entrée aux États-Unis).

Les adolescents qui participaient à EYE17 à Edmond (État d’Oklahoma) se sont rendu le 12 juillet au Monument et Musée commémoratifs nationaux d’Oklahoma City. Ici, ils visitent la Galerie d’honneur où des photographies des 168 personnes, dont 19 enfants, ornent les murs. Photo : Lynette Wilson/Episcopal News Service

La veille au soir avant la visite du musée et la cérémonie, des survivants de l’attentat à la bombe ont partagé leur expérience personnelle avec les jeunes au cours d’une séance plénière sur le campus. Au cours de la cérémonie aux chandelles, les jeunes étaient assis les jambes croisées dans l’herbe face à 168 chaises vides dont 19 plus petites pour les enfants, chacune représentant une des victimes. Entre deux piliers affichant les chiffres 9h01 et 9h03, un bassin réfléchissant mettait en lumière 9h02, la minute où a explosé le camion piégé qui a détruit le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah.

Plus encore que l’histoire, c’était la réponse humaine et son impact inoubliable dont l’évêque d’Oklahoma Ed Konieczny souhaitait que les jeunes s’imprègnent. L’attentat à la bombe, a-t-il déclaré, a rassemblé le peuple d’Oklahoma dans un esprit d’unité, dans ce qui est devenu la « Norme en Oklahoma », norme qui continue aujourd’hui.

« Si vous venez en Oklahoma et que vous devenez un résident d’Oklahoma, [ce récit] va faire partie de qui vous êtes car à bien des égards c’est un événement charnière, non seulement pour Oklahoma City mais pour tout l’État » poursuit Ed Konieczny, qui était prêtre au Texas au moment de l’attentat à la bombe. « C’est malheureux qu’il en soit ainsi mais il a fallu cela pour donner de l’énergie et mettre en lumière la bonté des habitants d’Oklahoma City et de l’État d’Oklahoma… et cela n’a pas cessé ».

Les photos des victimes ornent la Galerie d’honneur, la dernière exposition du Monument & Musée commémoratifs nationaux d’Oklahoma City. Photo : Lynette Wilson/Episcopal News Service

Alors même que ces jeunes n’étaient pas encore nés en 1995 – leur tranche d’âge allait de 13 à 18 ans –, ils vivent dans un monde de plus en plus violent. C’est pour cette raison qu’Ed Konieczny souhaitait co-accueillir EYE17 dans son diocèse et partager l’histoire d’Oklahoma City comme un exemple de paix et de résilience.

« L’événement est pertinent car il les aide à voir toutes les autres choses qui se passent dans notre monde et notre société et les autres actes de violence qui ont lieu, que ce soit Columbine, Virginia Tech ou la Floride. Il semble que chaque jour il se passe autre chose, parfois important, parfois mineur », explique-t-il. « J’espère que la conclusion est que nous, en tant que société, allons faire quelque chose à ce sujet. Et ils ont la capacité de le faire …  Le message ne va pas être l’attentat. Le message à retenir est un message de vie et nous allons placer notre foi là où elle doit être, nous allons lutter pour la justice et dire non, nous n’allons pas vivre de cette façon, nous allons agir différemment ».

Répondre à la violence et à la haine par l’amour était au plus profond du message de la Voie vers la paix.

« La réalité est que la haine ne fonctionne pas et que la violence ne fonctionne pas. Les êtres humains ont été créés par amour parce que je suis convaincu que Dieu est amour, que nous sommes là pour aimer et que la vie ne fonctionne que lorsque nous aimons. Et ce monument est un douloureux rappel que la haine fait souffrir et fait mal et que nous ne sommes pas faits pour cela, a déclaré l’Évêque Primat Michael Curry, sur le site commémoratif. « Nous sommes mis sur cette terre pour trouver une meilleure voie. Pour trouver la vie et l’amour pour tous et le fait de venir voir ce monument et d’être ici aujourd’hui est une occasion pour nous de nous consacrer et dédier à nouveau à la création d’un monde où règne l’amour ».

Il y a aussi eu des moments ludiques à EYE17. Le révérend Tim Schenck, à gauche, recteur de l’Église épiscopale St. John the Evangelist à Hingham (État du Massachusetts) et le révérend Scott Gunn, directeur exécutif de Forward Movement, assis tandis que Sierra Palmer du Diocèse du Kansas vote pour l’un des deux saints. Sainte Quitère a battu Saint Longinus, 72 à 28 % et fera partie du tournoi Lent Madness 2018. Le reste des saints de la grille de l’année prochaine sera annoncé en novembre. Photo : Lynette Wilson/Episcopal News Service

Il y a un an, le comité de planification d’EYE17 qui comprend 16 jeunes est venu à Oklahoma City et a visité le musée et le monument commémoratifs pour se faire une idée de ce qu’allait être l’expérience de leurs camarades. Il est immédiatement apparu clairement que l’histoire d’Oklahoma City est quelque chose que « tout un chacun a besoin d’entendre », a déclaré Andrés Gonzalez Bonilla, âgé de 16 ans, du Diocèse d’Arizona, qui faisait partie de l’équipe qui a planifié la liturgie et la musique. La réponse de la ville à un acte de terrorisme interne est « une histoire certes tragique mais aussi belle et émouvante ».

« L’équipe de planification de la mission d’EYE a commencé il y a plus de 18 mois à imaginer ce que serait l’événement. Ils l’ont axé sur les écritures selon Matthieu et les Béatitudes », a expliqué Bronwyn Clark Skov, chargée au sein de l’Église épiscopale de la formation, de la jeunesse et des jeunes adultes, qui supervise le ministère de la jeunesse. « Nous sommes véritablement frappés par tout cet ensemble, mais aussi, en raison de ce qui se passe dans le monde, nous sommes focalisés sur « heureux ceux qui font œuvre de paix ».

L’événement triennal de la jeunesse, mandat de la Convention générale de l’église, a attiré 1 400 personnes en tout, dont 35 évêques ainsi que des accompagnateurs, des aumôniers, des bénévoles du secteur médical et d’autres secteurs. Chaque prédicateur, intervenant, exposant et séance pratique a traité le thème d’une manière ou d’une autre.

L’Évêque Primat Michael Curry a prêché et présidé le service eucharistique d’ouverture d’EYE17. Photo : Lynette Wilson/Episcopal News Service

Michael Curry a prêché au cours du service eucharistique d’ouverture du 11 juillet puis, plus tard ce même jour, a proposé deux ateliers l’un après l’autre sur le « Mouvement de Jésus », suivis de questions-réponses. D’autres intervenants, dont la révérende Gay Clark Jennings, présidente de la Chambre des Députés, des évêques, des membres du personnel de l’Église épiscopale, des représentants d’Episcopal Relief & Development, de Forma, d’Episcopal Service Corps et d’autres ont proposé des ateliers allant de la défense des droits à la vie dans des communautés intentionnelles comme exemple de voie vers la paix, en passant par la communication non violente dans un monde violent.

« Je pense que la « Voie vers la paix » a été articulée de nombreuses manières différentes au cours de cet événement et j’ai espoir que cela a été suffisamment contagieux pour que, lorsque tous ces jeunes repartent chez eux, ils commencent à parler de leur expérience ici et de ce qu’ils y ont appris afin qu’ils se sentent le pouvoir de véritablement agir sur leur propre désir de ce qui est bon et droit et le don reçu de Dieu pour faire quelque chose, explique Bronwyn Skov.

Au cours d’une conférence de presse le 11 juillet, Trevor Mahan du Diocèse du Kansas, membre du comité de planification, a dit que les jeunes avaient intentionnellement conçu l’événement de manière à ce que les jeunes fassent connaissance avec les dirigeants de l’Église et de l’Église épiscopale au sens large, en leur offrant les moyens d’une plus grande participation à tous les niveaux.

Mme Campbell, du Diocèse d’Olympia, tout comme Trevor Mahan au sein de l’équipe de planification, en est convenue.

« Nous voulons que les gens puissent repartir chez eux et se connecter avec d’autres organisations épiscopales, a-t-elle déclaré et rapporter le message de la Voie vers la paix afin d’encourager d’autres jeunes à s’impliquer.

Ed Konieczny place un réel espoir dans les jeunes d’aujourd’hui qui sont beaucoup plus inclusifs que les générations précédentes. La composition d’EYE17, le groupe le plus diversifié qui ait jamais existé, en apporte la preuve.

« Comme je l’ai dit au cours de mon homélie lors de la cérémonie aux chandelles, les jeunes d’aujourd’hui peuvent faire une différence réelle dans le monde », a-t-il déclaré.

« Ils en sont à un stade maintenant où ils établissent la façon dont leur génération va vivre ensemble et on peut déjà voir le niveau d’acceptation, d’inclusion et de volonté de vivre dans la diversité et de respecter l’autre. Et cela n’a pas toujours été le cas pour les générations précédentes ; ici c’est nous et là c’est eux et nous gardons simplement nos distances », explique Konieczny.

EYE20 est déjà en cours de préparation avec l’aide d’une subvention du Constable Fund. l’Église épiscopale prévoit d’organiser l’événement en Amérique latine.

– Lynette Wilson est rédactrice en chef de l’Episcopal News Service.

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