L’Évêque Primat : suivre Jésus signifie être un témoin vivant, ce n’est pas un slogan

[Episcopal News Service – San Juan (Porto Rico)] Le Conseil exécutif de l’Église épiscopale a entendu l’appel de ses deux leaders à une action chrétienne authentique, lancé le premier jour de sa réunion du 9 au 11 juin.

L’Évêque Primat Michael Curry a suggéré aux épiscopaliens de prendre pour modèle Esther, l’héroïne de la bible. À l’époque de l’exil des juifs en Perse, elle a été d’abord perçue comme une belle femme, obéissante et relativement passive qui était reine auprès du roi de Perse. Elle en vint à croire qu’elle était appelée à sauver son peuple et grâce à sa rhétorique, réussit à persuader le roi de sauver son peuple, les juifs qui vivaientt en exil en Perse. Elle n’avait pas jusque-là révélé son identité juive.

« Je dis cela en toute humilité, vraiment : l’Église épiscopale est peut-être parvenue au royaume pour un tel moment », a déclaré Michael Curry.

« Peut-être avons-nous pendant une période fait partie du pouvoir établi, ce qui n’est plus le cas, et peut-être avons-nous profité des avantages d’en faire partie, mais cela peut ne plus être le cas bien longtemps », a déclaré Michael Curry.

Dans un  moment comme celui-ci, « un moment étrange au plan national, culturel et mondial – où les choses sont bouleversées, où les vieux modèles ne fonctionnent plus, où les vieilles règles semblent même ne plus s’appliquer, la vérité ne semble plus être ce qu’elle était et soudainement ce qui était erroné devient exact. Soudainement, même le christianisme est coopté par l’injustice, par l’absence de compassion, par l’inhumanité, par l’indécence ».

Michael Curry déclare que l’Église épiscopale a en partie pour vocation de porter témoignage d’une manière d’être chrétien qui ressemble en fait à Jésus de Nazareth. Cette manière d’être chrétien n’est « pas de connivence avec la culture, quelle que soit cette culture », explique-t-il.

« Ce n’est pas une manière d’être chrétien qui se laisse acheter par un parti politique quelconque, qu’il soit de gauche, de droite ou du centre, c’est une manière d’être chrétien qui ose suivre Jésus, aime la voie de Jésus », en donnant et en pardonnant comme Jésus l’a fait tout en aimant la justice et la miséricorde et en marchant humblement devant Dieu.

L’Église a eu bon nombre de slogans et de campagnes, poursuit l’Évêque Primat.

« Pourtant, je ne crois pas qu’il s’agisse là d’un nouveau slogan, d’une nouvelle campagne, d’un nouveau programme. En fait, il n’y a rien de nouveau du tout », explique-t-il. « En vérité, ce dont nous parlons maintenant, c’est une manière de suivre Jésus. Il s’agit d’être formé à être des disciples de Jésus et, à partir de là, d’être des témoins dans le monde qui font la différence et portent témoignage d’une manière d’être chrétien : cela ne donne pas l’impression d’être grand chose » et pourtant compte beaucoup lorsque « même le christianisme est pris en otage ».

Michael Curry, tout en disant craindre de s’engager sur un terrain dangereux, exhorte les épiscopaliens à écouter la rhétorique politique avec ce que l’on pourrait appeler des oreilles éclairées par la Bible. « Lorsque parfois vous écoutez des voix qui disent représenter le christianisme dans notre vie publique et notre sphère publique, écoutez attentivement ce qui est dit et ce qui n’est pas dit », poursuit-il. Entendez-vous les paroles du Sermon sur la montagne ou de  Matthieu 25,  le résumé de la loi ou les paroles de Jésus à la Cène sur l’amour et le service à autrui, demande-t-il.

La révérende Gay Clark Jennings, présidente de la Chambre des députés, se fait l’écho de ces sentiments dans ses  remarques préliminaires. C’est, dit-elle, « un moment très difficile aux États-Unis pour être un chrétien engagé en faveur de la justice et de la paix entre tous les peuples et de la dignité de chaque être humain et il est bon de se rassembler au beau milieu de ces difficultés ».

Gay Jennings explique qu’elle prête tout particulièrement attention à trois questions, à savoir : le traitement des réfugiés à travers le monde ; le traitement spécifique des réfugiés au Texas et les efforts de l’État du Texas visant à promulguer la fameuse « loi des toilettes » ; ainsi que la réponse sans faille de l’Église à la sauvegarde de la création et la décision du Président Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat.

L’Église épiscopale prévoit de se réunir du 5 au 13 juillet 2018 à Austin (État du Texas) et comme le dit Gay Jennings : « nous suivons la situation de près avec le souci de la sécurité et de la dignité de chaque personne se rendant à la Convention générale l’été prochain ».

Article complet en anglais.

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