Le diocèse d’Olympia accueille des réfugiés et saisit la justice afin de poursuivre leur réinstallation

Le réfugié syrien Baraa Haj Khalaf, à gauche, embrasse son père Khaled tandis que sa mère Fattoum, à droite, pleure après être arrivée le 7 février à l’aéroport international O’Hare de Chicago (Illinois). Photo : Kamil Krzaczynski /REUTERS

[Episcopal News Service] La décision prise le 9 février par la cour d’appel fédérale qui a bloqué l’interdiction temporaire d’admission des réfugiés prononcée par l’administration Trump a été bien accueillie par les dirigeants de l’Église épiscopale de Washington alors que le diocèse d’Olympia intente une procédure séparée à l’encontre du décret présidentiel.

Le diocèse aide à coordonner la réinstallation de 190 réfugiés chaque année. Sur le nombre de réfugiés qui se préparent à arriver dans la région de Seattle, environ 90 % devraient provenir de l’un des sept pays à majorité musulmane ciblés par le décret du 27 janvier du président Donald Trump, décret qui a également interdit l’entrée des visiteurs et des titulaires de visas en provenance de ces pays. Le 6 février, un juge fédéral de Seattle a temporairement bloqué cette interdiction. C’est cette décision qu’a confirmé le 9 février le collège de trois juges de la Cour d’appel des États-Unis pour le neuvième circuit qui siège à San Francisco.

Le diocèse d’Olympia et l’organisation American Civil Liberties Union (ACLU) de Washington ont intenté le 7 février une procédure séparée  contestant le décret présidentiel. Les réfugiés, retenus dans les aéroports étrangers depuis le jour où Donald Trump avait signé le décret, s’acheminent à présent vers l’aéroport international de Seattle-Tacoma. L’incertitude juridique menace toutefois d’ébranler le Bureau de réinstallation des réfugiés du diocèse, scénario qui, selon l’évêque Greg Rickel, serait contraire à la mission de l’Église épiscopale.

« Ce décret présidentiel est une violation des principes fondamentaux de notre nation »,  a déclaré l’évêque Greg Rickel le 7 février lorsqu’il a averti de la procédure judiciaire. « En tant que membre du Mouvement de Jésus, je pense que les États-Unis ont une responsabilité morale d’accueillir et d’aider à la réinstallation de réfugiés parmi les plus de 65 millions de personnes déplacées par la guerre, la violence, la famine et la persécution. Refouler ces personnes vulnérables et limiter le flux de réfugiés vers notre pays est déshonorer Celui que nous servons ».

L’ACLU de Washington a accepté de se charger de cette affaire bénévolement et a intenté la poursuite judiciaire au nom du diocèse d’Olympia. Deux étudiants anonymes de l’University of Washington figurent également comme plaignants dans ce recours collectif.

« Une grande partie des autres procédures intentées à l’encontre du décret (présidentiel) ne répondent pas spécifiquement aux besoins des réfugiés », explique Josh Hornbeck, directeur de la communication du diocèse. Mais la réinstallation des réfugiés est au cœur de l’action en justice du diocèse d’Olympia.

Son bureau de réinstallation des réfugiés est l’un des 31 affiliés dans tout le pays à être partenaires de l’organisme  Episcopal Migration Ministries  pour trouver un logement dans 27 diocèses épiscopaux et 23 États aux réfugiés qui ont fui la guerre, la violence et la persécution dans leur pays d’origine. Cette année, 110 000 réfugiés devaient arriver aux États-Unis. Episcopal Migration Ministries est l’un des neuf organismes – plus de la moitié d’entre eux étant des organismes confessionnels – qui travaillent en partenariat avec le Département d’État des États-Unis pour accueillir et réinstaller les réfugiés.

Ces initiatives ont sombré dans le chaos à la fin du mois dernier lorsque Donald Trump, cherchant à honorer une promesse de campagne d’imposer des « contrôles extrêmes » aux réfugiés, a signé un décret présidentiel suspendant toute réinstallation de réfugiés pendant 120 jours, tandis que son administration passe en revue un processus de sécurité qui déjà peut prendre des années. Le décret a aussi bloqué l’entrée des visiteurs et des titulaires de visa en provenance d’Irak, d’Iran, du Soudan, de Libye, de Somalie et du Yémen pendant 90 jours et indéfiniment pour ceux en provenance de Syrie.

Pendant que les réactions au décret se déployaient aux États-Unis au travers de  manifestations et qu’évoluaient les affaires judiciaires et l’interprétation par la Maison blanche de son propre décret, les réfugiés et les titulaires de visa étaient initialement bloqués dans un vide juridique.

Le diocèse d’Olympia était sur le point d’accueillir douze personnes de cinq familles de réfugiés lorsque l’interdiction du 27 janvier est entrée en vigueur, mais ces familles se sont trouvées abandonnées dans un aéroport au Koweït, dans l’impossibilité d’embarquer dans un quelconque avion vers les États-Unis, explique Josh Hornbeck. Un autre groupe de 86 personnes avait été contrôlé et attendait de passer les examens médicaux pour acheter leur billet d’avion pour Seattle mais le décret présidentiel les a soudainement empêchés de poursuivre leur projet.

À présent que les opposants au décret de Donald Trump ont gagné une injonction alors que la querelle judiciaire se poursuit, les initiatives du diocèse d’Olympia en matière de réinstallation des réfugiés ont immédiatement été remises sur les rails. Josh Hornbeck déclare que quatre des douze réfugiés qui attendaient de pouvoir embarquer au Koweït devaient arriver à Seattle le 10 février.

Le Bureau de réinstallation des réfugiés, à l’instar des autres affiliés d’EMM, collabore avec les congrégations hôtes pour préparer des appartements pour les réfugiés qui arrivent, les accueillir à l’aéroport et les amener à leur nouvelle résidence. Dans la région de Seattle, ces habitations sont généralement en dehors de la ville, dans des communautés où le prix des logements est moins cher, poursuit Josh Hornbeck. Les réfugiés reçoivent également une aide pour trouver un emploi et pour s’habituer à une culture nouvelle pour eux.

L’organisme de Seattle reçoit des fonds fédéraux pour l’aide à la réinstallation ; une interdiction, même temporaire, peut causer suffisamment de préjudice financier pour semer le doute sur la capacité du Bureau de réinstallation des réfugiés à poursuivre ses activités, explique Josh Hornbeck. Les fonds destinés à la réinstallation des réfugiés parviennent, par l’intermédiaire d’EMM, au réseau d’affiliés en vertu d’un contrat avec le gouvernement fédéral.

Le 8 février, le Conseil exécutif de l’Église épiscopale a exprimé sa solidarité avec les réfugiés tout en continuant de réagir sur le plan financier et judiciaire au décret présidentiel.

Le Conseil a accordé 500 000 dollars à Episcopal Migration Ministries pour assurer sa continuité financière pendant la suspension de la réinstallation des réfugiés décidée par Donald Trump et alors que les travaux reprennent vraisemblablement à plus petite échelle. Il a également demandé à l’Évêque Primat d’étudier s’il est « approprié et recommandé » de défendre en justice le ministère de réinstallation des réfugiés d’EMM et la position de l’église vis-à-vis des tests de religion pour les réfugiés.

Article complet en anglais.

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