L’Église épiscopale renforce sa position sur les réfugiés, les immigrés et les sans papiers

Dans les églises de Trinity Episcopal Church et Iglesia episcopal de la Trinidad de Los Angeles des pancartes affichent leur soutien aux immigrés et aux réfugiés. Sur leurs pancartes il est écrit : « Stand with Refugees. #GreaterAs1 » [Prenez position en faveur des réfugiés. Mieux vaut ne faire qu’un] Photo : Trinity Episcopal Church via Facebook

[Episcopal News Service] Avant même que le président Donald Trump n’ait mis à mal en grande partie la politique d’immigration des États-Unis, un grand nombre d’épiscopaliens réaffirmaient leur engagement en faveur des réfugiés et trouvaient de nouvelles manières d’accentuer leur mobilisation. Et ces initiatives s’amplifient.

À la suite du plaidoyer enflammé de la révérende Nancy Frausto, le Diocèse de Los Angeles a approuvé à une écrasante majorité le statut du droit d’asile.

« J’avais huit ans lorsque j’ai franchi la frontière avec ma mère et mon frère. Je suis restée dans ce pays, à vivre dans l’ombre pendant pratiquement toute ma vie », confie Nancy Frausto, prêtre au service de deux églises,  Trinity et St Mary’s , à Los Angeles.

« C’est l’église qui m’a donné espoir », poursuit-elle. « Je suis l’une des quelque 700 000 bénéficiaires du programme DACA (sur le Report de mesures pour les personnes arrivées enfants). C’est une situation redoutable en ce moment. Il est possible que je perde mon permis de travail et que je sois expulsée vers un pays que je ne connais pas ».

Le révérend Francisco Garcia, recteur de l’église Holy Faith Church d’Inglewood, a déclaré qu’au moins 50 congrégations ont manifeste leur intérêt pour et demandé des informations pour se prévaloir du droit d’asile ou sur la façon de soutenir les personnes vulnérables.

Au cours d’un webinaire le 18 janvier, Francisco Garcia, qui co-préside le groupe de travail Episcopal Sacred Resistance – Los Angeles, a expliqué que l’initiative s’inspire directement de la promesse baptismale de résister au mal – sous toutes ses formes, notamment le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’islamophobie et toute forme de structure institutionnalisée visant les personnes vulnérables.

Francisco Garcia a été rejoint par le révérend chanoine Jaime Edwards-Acton, recteur de l’église St Stephen’s Church à Hollywood et co-président du groupe de travail, ainsi que par le pasteur Noel Andersen d’United Church of Christ, coordonnateur communautaire pour les droits des immigrés auprès du service Church World Service. Noel Andersen dit que le nombre de congrégations se prévalant du droit d’asile, représentant une vaste gamme de traditions religieuses, a presque doublé au niveau national, atteignant le chiffre d’environ 800 ces derniers mois.

Comme l’a dit Jaime Acton, la résistance sacrée peut prendre de nombreuses formes, en fonction du contexte local. « Il n’y a pas de modèle unique. … Le droit d’asile revêt une forme différente selon les congrégations ».

Francisco Garcia dit que le travail en matière de droit d’asile consiste à « soutenir quiconque est en butte à des attaques », pour être en accord avec l’engagement baptismal qui est de persévérer dans la résistance au mal… et à « tous les maux systémiques qui oppriment les autres ».

Noel Andersen ajoute que, dans d’autres cas, les militants se sont formés à des interventions bénévoles rapides pour se préparer en quelque sorte au « droit d’asile dans la rue », afin d’intervenir immédiatement dès l’annonce d’un raid d’expulsion, souvent au milieu de la nuit. « À Philadelphie, ça a très bien fonctionné ».

« Nous avons constaté que lorsque des alliés se présentent, cela peut dissuader » les agents des services américains d’immigration et des douanes de poursuivre le processus d’expulsion, explique-t-il. « Ils ne veulent pas être vus en train d’expulser des gens ».

Le 28 janvier, alors que des manifestants se rassemblaient dans les aéroports, notamment à l’aéroport international de Newark voisin, les délégués à la convention du Diocèse de Newark ont soutenu à une écrasante majorité le plaidoyer d’un groupe de vingt-quatre laïcs et membres du clergé demandant que le diocèse étudie le mouvement en faveur du droit d’asile dans les églises. Le groupe a demandé aux épiscopaliens de Newark d’explorer ce que font les autres et de commencer à promouvoir la justice pour les immigrés en tant que diocèse,  congrégations et individus.

Parmi les membres des églises locales se trouvent à la fois des immigrés et des sans papiers qui courent un risque accru d’expulsion, a déclaré à la convention le révérend J. Brent Bates, recteur de l’église Grace Church à Newark. « Peu importe pour qui nous avons voté », a poursuivi Brent Bates. « Nous pensons que les Écritures Saintes nous disent que nous devons respecter et traiter avec respect l’étranger parce que nous avons nous aussi été par le passé, des étrangers en terre étrangère ».

L’évêque de Newark Mark Beckwith a applaudi l’initiative. « On a voulu en faire une question politique », a-t-il déclaré. « Je ne le vois pas de cette façon du tout. C’est une question morale et nous devons être cette autorité morale dans le monde ».

Lacy Broemel, analyste des politiques de réfugiés et d’immigration auprès du Bureau des relations gouvernementales de l’Église épiscopale à Washington DC, a expliqué que pour un diocèse ou une congrégation se prévaloir du droit d’asile implique de prendre en considération les aspects juridiques, théologiques et matériels ainsi qu’un discernement au niveau individuel.

Lacy Broemel a donné en exemple que le fait d’accueillir un sans papiers pour le protéger contre l’expulsion dans un bâtiment paroissial exige de prendre en considération des facteurs tels que : « votre église dispose-t-elle d’une douche, d’un lit, d’un moyen de fournir nourriture et vêtements pendant le temps où la personne bénéficie du droit d’asile ? ».

« Si votre congrégation ne peut assurer la protection physique d’une personne vivant dans la paroisse, il y a d’autres moyens de prendre position en faveur des sans papiers », poursuit-elle.

Selon Lacy Broemel, dans certains cas, la mobilisation peut consister à simplement parler aux responsables locaux, de l’État et fédéraux ainsi qu’à vos voisins et amis, de vos préoccupations concernant les sans papiers, d’organiser des veillées et de vous abonner aux mises à jour législatives et politiques du réseau Episcopal Public Policy Network (EPPN).

EPPN a annoncé le 31 janvier une campagne intitulée « 2×4 Fight for refugees » qui met au défi les épiscopaliens de téléphoner à leurs élus au niveau national, de l’État et local, au moins quatre fois au cours des deux prochains mois pour exprimer leur opposition aux politiques d’immigration du président Donald Trump.

Une ressource pour les congrégations intéressées à offrir un droit d’asile est le site Sanctuary not Deportation.

Article complet en anglais.

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